Doshi's blog

Thème:

De la parole des concerné·es

, — ~5mn de lecture

Au départ, ce post était censé être un post d’introspection sur “est-ce que je suis bi, oui ou merde” et puis au final j’en sais toujours rien, MAIS. Parmi les questions que je me posais, y’en a une que je me pose encore : “C’est quoi la limite à « Il faut laisser parler les concerné⋅es »” Laissez moi vous expliquer (mais je vais certainement pas répondre à la question 1, je vais juste étaler la réflexion)

Et je tiens à dire de prendre ce que je dis avec des pincettes, parce que c’est une pensée assez floue (facteur de maladresse №1) posée à l’écrit (facteur №2) par un gamin paumé de 20 ans (facteur №3), donc bah c’est probablement maladroit.

Mais avant, je vais vous partager les quelques réponses qui formaient le brouillon original de ce post :

Je trouve les hommes beaux. Est-ce que ça veut dire que je les trouve attirants ?

J’en ai aucune idée frère.

J’ai des questions un peu permanentes sur ça, avec des pics de questionnement parfois. Ptet que c’est pas pour rien ? (oui bon, ok, c’est jamais pour rien, c’est bien de se poser des questions)

Comme tu dis c’est jamais pour rien, c’est bien de se questionner

Est-ce que pour être bi faut aussi se branler sur des hommes ? Regarder du porn gay ?

Comme tu veux écoute

Y’a pas une liste de trucs à cocher pour tester si on est bi, comme les tests de personnalités à la con dans les magazines ?

Nan ça serait trop simple sinon

Ptet que je veux être bi juste pour “être différent” ? Pour pas être un “cishet” ? Pour pouvoir me désigner comme queer ? Ptet que je suis pas bi, mais que je veux l’être ?

Ça c’est peut-être vrai, je sais pas

Ptet que me poser autant de questions, ça veut juste dire que je suis juste hétéro, si j’étais bi, ça aurait été plus intuitif ?

Ça aussi j’en sais rien bro

Y’a aussi un sentiment d’imposteur : ptet que c’est juste de l’opportunisme pour pouvoir parler ? On laisse parler les concerné⋅es, mais du coup je me rends concerné ? Après un truc que je pige pas trop, c’est que si jamais je me trouve être bi, ma parole reste la même que quand je suis hétéro. Je change pas qui je suis.

Déjà pour éclaircir le premier point : ptet que ça serait un truc dans mon cerveau qui, frustré de pas avoir la parole dans les espaces queer, a voulu se démarquer et se rendre LGBT. Ça serait pas un truc conscient, sinon ça serait juste un mensonge. Nan, là ça serait vraiment se mettre à avoir de l’attirance pour les hommes pour devenir bi, et donc LGBT, et POF je suis concerné et j’ai la parole.
Honnêtement, je pense pas, mais la question se pose


Le deuxième point, c’est le cœur de la question que je posais en introduction.

Clairement, ma réflexion en tant que bi ou ma réflexion en tant qu’het, elle est la même.

Du coup, comment on décide de qui est concerné·e ?

Il faudrait laisser parler que les gens ouvertement queer ? Mais quid des queer encore au placard ?

Il faudrait laisser parler que les queers ? Mais quid des gens qui mentiraient pour justifier leur parole 2 ? Et qui suis-je pour juger de s’ils mentent ou non surtout ?

Et comme je le dis plus haut, mon orientation sexuelle ne joue pas un rôle dans ma façon de penser. Ce n’est pas elle qui a enclenché ma déconstruction (à jamais incomplète, comme tout un chacun), mais les témoignages d’amis/connaissances/randoms. Du coup, comment qu’on fait ?

Il faudrait laisser parler les gens déconstruits ? C’est difficile à déterminer, parce que ya des hommes blancs cishet (coucou ?) déconstruits, mais on continue à faire partie du problème, vu qu’on reste extrèmement privilégié par la société donc on se rend pas forcément compte. Mais en même temps la déconstruction nous a rendu « sensibles » à ces sujets, on finit voir les problèmes. Comment qu’on fait, vous dis-je.

Ça fait beaucoup de questions pour bien peu de réponses, mais j’ai pas d’avis tranché sur la question, et je ne suis personne pour oser y répondre. Cependant, j’ai quelques points.

Je pense que le point important, c’est que même si on est déconstruit, on est pas opprimés par ces problèmes. Si on ne ressent pas personnellement ces problèmes, on devrait pas parler. C’est pour ça que même si je suis bi, je ne me sens pas oppressé, donc j’ai pas grand chose à dire. Après, ptet que je me sens pas oppressé parce que je suis pas un « bi accompli », je suis toujours en questionnement ?

Voilà bisous, j’espère ne pas avoir été trop chiant ou trop offensant ? Mais à priori avec ce post, je n’ai piqué la parole de personne, ce qui est la base de l’existence de la “restriction” de la parole dans les milieux queers, pour arrêter d’invisibliser les gens.

  1. Bah ouais, de manière meta, est-ce que je suis concerné ? Si je le suis pas, d’où j’aurais mon mot à dire sur qui il faut laisser parler ? 

  2. J’ai un·e certain·e NB en tête dont je tairais le nom, mais que les gens qui le connaissent reconnaitront 


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